Objectifs d’apprentissage


À la fin de cette leçon, vous serez capable :

  • De définir le traumatisme historique et comprendre son impact sur les communautés autochtones.
  • D’identifier les politiques clés qui ont contribué au traumatisme historique au Canada.
  • D’expliquer comment ces politiques continuent d’affecter le bien-être mental, physique et social des Autochtones aujourd’hui.

Pourquoi est-ce important ?


Comprendre cette histoire nous aide à :

  • Reconnaître comment les politiques coloniales ont façonné les expériences des Autochtones.
  • S’attaquer aux effets persistants des traumatismes historiques sur le bien-être des Autochtones.
  • Soutenir la guérison, la réconciliation et les pratiques culturellement sûres dans les services sociaux et de santé.
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Qu’est-ce qu’un traumatisme historique ?

Un traumatisme historique se produit lorsque des communautés entières subissent des préjudices répétés et systémiques, entraînant une détresse physique, émotionnelle et culturelle à long terme.

Caractéristiques du traumatisme historique

  • Impact collectif : le traumatisme se partage à travers les générations, affectant les individus, les familles et les communautés
  • Effets persistants : le préjudice ne s’arrête pas à ceux qui l’ont vécu directement, mais se poursuit à travers le traumatisme intergénérationnel.
  • Enraciné dans l’oppression systémique : des politiques telles que les pensionnats et la Loi sur les Indiens ont perturbé les langues, les cultures et la gouvernance autochtones.

Les traumatismes historiques affectent la santé mentale, la santé physique et le bien-être des communautés, contribuant à des taux plus élevés de maladies chroniques, de toxicomanie et de troubles mentaux chez les populations autochtones.


Principaux événements ayant contribué aux traumatismes historiques

Les nations autochtones du Canada continuent de subir les effets des traumatismes historiques causés par les politiques coloniales et le racisme systémique. Les événements suivants ont joué un rôle important dans la formation de ces traumatismes.61

Colonisation précoce et dépossession des terres

Lorsque les colons européens sont arrivés au Canada, ils ont cherché à tirer profit des terres, bien que les nations autochtones les partageaient et les respectaient déjà en vertu de leurs propres systèmes de gouvernance.

Déplacement et réinstallation forcés

Les colons considéraient les peuples autochtones comme « trop sauvages » pour suivre les lois européennes et les ont forcés à s’installer sur des terres isolées et moins fertiles qui rendaient la survie plus difficile.

Loi sur les Indiens (1876)

Cette loi a donné au gouvernement le contrôle de presque tous les aspects de la vie dans les réserves autochtones, restreignant la liberté, la gouvernance et les opportunités économiques des Autochtones.

Pensionnats indiens (années 1840-1984)

La Commission Bagot (1844) et le rapport Davin (1879) ont contribué à la mise en place du système des pensionnats indiens, où les enfants autochtones étaient retirés de force à leurs familles.

  • Les écoles étaient sous-financées, surpeuplées et peu sûres, ce qui entraînait des maladies, de la malnutrition et des abus généralisés.
  • De nombreux enfants sont morts en raison de la négligence et des conditions difficiles.
  • Le dernier pensionnat géré par le gouvernement fédéral a fermé en 1996 (bien que certains pensionnats gérés par les provinces aient fermé plus tôt).

La rafle des années 1960 (années 1960-1980)

Au cours de cette période, des enfants autochtones ont été retirés de force à leur famille et placés dans des foyers non autochtones.

  • Les autorités ont prétendu que cela était dû à la « négligence ». En réalité, elles ne comprenaient pas grand-chose aux structures familiales et à l’éducation des enfants autochtones.
  • La rafle des années 1960 a perpétué le cycle de la séparation forcée et effacé l’identité culturelle de nombreux enfants autochtones.

Racisme systémique persistant et inaction du gouvernement

De nombreuses communautés autochtones rencontrent encore des obstacles pour accéder aux ressources, aux soins de santé et à l’éducation.

Le gouvernement n’a pas pleinement assumé la responsabilité des préjudices causés, ce qui ralentit les progrès vers la vérité et la réconciliation.


Le stress transmis de génération en génération

Les traumatismes historiques affectent non seulement ceux qui les ont vécus directement, mais aussi leurs descendants. C’est ce qu’on appelle le traumatisme intergénérationnel, c’est-à-dire la transmission du stress et des préjudices d’une génération à l’autre.

Les communautés autochtones du Canada ont connu de nombreuses épreuves au fil du temps, telles que la perte de membres de leur famille à cause de la guerre et de la maladie, le fait d’être forcées de vivre dans des réserves, d’être envoyées dans des pensionnats, de voir leur culture réprimée, de perdre leurs ressources et de voir leur mode de vie traditionnel détruit. Ces épreuves se sont transmises de génération en génération, causant des problèmes de santé persistants.62

Parmi les problèmes de santé causés par ce traumatisme persistant, on peut citer :

  • Un risque plus élevé de maladie mentale
  • Un risque plus élevé de maladie physique
  • Suicides
  • Problèmes de toxicomanie
  • Violences familiales
  • Violences sexuelles
  • Incarcération (être envoyé en prison)
  • Maltraitance des enfants

Lorsqu’un membre de la famille a subi un traumatisme, comme avoir été en pensionnat ou avoir été victime de la rafle des années 60, ses enfants et même ses petits-enfants peuvent être affectés par le stress qu’il porte en lui. C’est ce qu’on appelle le « traumatisme secondaire ». Il peut entraîner des problèmes de communication au sein de la famille et affecter l’ensemble de celle-ci.

À la troisième génération, les effets du traumatisme peuvent également se transmettre d’une manière qui modifie le fonctionnement des gènes. C’est ce qu’on appelle « l’épigénétique ». Ces changements peuvent rendre la guérison plus difficile, même avec une thérapie, car le stress des générations précédentes peut encore se faire sentir dans le corps et l’esprit.

Comment se produit le traumatisme intergénérationnel ?

Le traumatisme se transmet de différentes manières, notamment :

  • Dynamique familiale et communautaire : Les parents et les aidants qui ont vécu un traumatisme peuvent avoir des difficultés à réguler leurs émotions, à éduquer leurs enfants ou à transmettre les traditions culturelles.
  • Perte d’identité et de langue : Les politiques d’assimilation forcée ont perturbé les enseignements culturels, ce qui a rendu plus difficile pour les jeunes générations de se connecter à leur héritage.
  • Désavantage socio-économique : Les effets des politiques coloniales continuent de limiter l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux opportunités économiques pour les communautés autochtones.
  • Effets biologiques : Les recherches suggèrent que les traumatismes peuvent affecter les réponses au stress dans le cerveau, augmentant la vulnérabilité aux troubles mentaux.

Effets à long terme des traumatismes intergénérationnels

Au fil du temps, les traumatismes intergénérationnels peuvent entraîner :

  • Des taux plus élevés d’anxiété, de dépression, de stress post-traumatique et de consommation de substances.
  • Une augmentation des problèmes de santé physique, tels que les maladies cardiaques et le diabète.
  • Des difficultés dans les relations et le bien-être de la communauté.

Bien que les effets des traumatismes historiques soient importants, la guérison est possible grâce à la reconnexion culturelle, au soutien communautaire et aux changements de politique qui honorent l’autodétermination des Autochtones.


Des moyens d’avancer vers la vérité et la réconciliation et de réduire le stress

Pour aider à réduire les effets durables des traumatismes, il est important de créer un climat de sécurité et de sûreté pour les communautés autochtones, qui plaident depuis longtemps en faveur de la vérité et de la réconciliation, qui reconnaissent les injustices passées et cherchent des mesures significatives pour y remédier.

Les recherches montrent que les communautés autochtones connaissent un meilleur bien-être lorsqu’elles ont un plus grand contrôle sur leurs propres décisions et leurs terres.63 L’autonomie gouvernementale, c’est-à-dire la capacité de prendre des décisions indépendantes, contribue à restaurer l’autonomie et à renforcer l’identité culturelle.

L’« enculturation », un processus en trois étapes qui aide les individus à renouer avec leur patrimoine, est un moyen important de soutenir la santé mentale des autochtones. Ce processus comprend:

  • la pratique de rituels spirituels traditionnels ;
  • la participation à des activités culturelles ;
  • le renforcement des liens avec l’identité autochtone.

Des études montrent que ces étapes peuvent réduire les problèmes de santé mentale, tels que les pensées suicidaires et la dépression, en particulier chez les jeunes générations.

Pour promouvoir une meilleure santé et un meilleur bien-être des communautés autochtones, envisagez les approches clés suivantes :

  • Mettre en œuvre des stratégies de décolonisation, telles que l’augmentation des possibilités d’autonomie gouvernementale des autochtones.
  • Soutenir la construction de l’identité, notamment en s’efforçant de revitaliser les langues et les traditions autochtones.
  • Utiliser des approches de guérison adaptées à la culture, comme l’embauche de personnel ayant des compétences culturelles et l’intégration d’une éducation sur la colonisation et les traumatismes historiques.

Testez votre compréhension

Les traumatismes historiques n'affectent que les personnes qui ont vécu des expériences telles que les pensionnats.
Lequel des éléments suivants n’est pas un moyen de transmettre un traumatisme intergénérationnel ?
Quel est l’un des principaux moyens utilisés par les communautés autochtones pour guérir des traumatismes intergénérationnels ?
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